Monuments historiques chams au patrimoine mondial de l’unesco

art-cham-site-Dong-Duong-fouilles-1904Ci-contre, les équipes de l’EFEO, à qui nous devons la mise à jour de l’art et de la culture Cham mais aussi la fondation des musées Cham de Danang et du musée Blanchard de la Brosse de Saïgon. Aujourd’hui encore, ils aident les éminents experts du Vietnam tant sur l’épigraphie que sur les travaux archéologiques terrestres et marins.

Historique du royaume Cham

Jusqu’à présent, on pensait que le pays Cham, ou Champa, état hindouiste de culture austronésienne (entre la Malaisie et la Polynésie), fut fondé à la suite de la chute des Han, au 2è siècle. En effet, en 192, profitant du déclin des Han, l’administration locale proclama son indépendance.

Les travaux récents d’épigraphie et d’archéologie ont révélé l’existence initiale d’une fédération insulaire avec villages et chefferies bien avant la fondation officielle du royaume du Champa. Les Chams étaient d’excellents navigateurs qui empruntaient souvent les routes maritimes qui les reliaient aux péninsules malaisiennes / indonésiennes ou encore à l’Inde, un échange commercial et culturel est avéré. Avec les voisins proches, l’état du Dai Viet et le royaume Khmer, les relations furent plus tendues cependant, malgré les conflits répétitifs, un système de canalisation connectait le Champa aux grandes cités Khmer de l’époque tels Angkor Borei. Depuis peu, on commence à découvrir également que la civilisation et l’art Cham, considérés comme pré-angkoriens sont aussi les successeurs de Sa-Huynh, civilisation du Fu-Nan. Au carrefour des confluences et des évolutions parallèles du Funan et d’Angkor, les Chams sont à l’origine du surnom « L’Indo-Chine » donné au Vietnam.

Les frontières du royaume du Champa se situaient dans la région actuelle du centre, aux environs des villes de Hội-An, Đà-Nẵng et Huế. Les régions Amaravati, Vijaya, Kanthara et Paduranage du Champa étaient respectivement localisées dans les provinces actuelles de Quảng Nam Bình Định Nha Trang Phan Rang Phan Ri.

Asia-Champa-Carte Au 15è siècle, les Chams furent définitivement annexés au Vietnam, lors de sa marche conquérante vers le Sud (Nam Tiến). Aujourd’hui, outre 120000 Chams qui vivent dans la région de Phan Rang / Nha Trang / Qui Nhon, on trouve des communautés importantes au Cambodge et en Malaisie.

 

Un art religieux hindouiste prédécesseur d’angkor

Le patrimoine artistique s’étend du 5è siècle au 15è siècle. De caractère religieux, se rapportant au panthéon hindouiste, représentés essentiellement par Shiva et Vishnu, puis au bouddhisme Mahayana, l’art Cham se compose essentiellement de « tours sanctuaires » ou Calan et de sculptures en grès. Les collections exposées dans les musées ont servi de base ornementale pour frontons, piliers et linteaux. Les tours édifiées en brique, matériau de prédilection du Champa sont en forme de carré, avec des toits en étage s’empilant les uns sur les autres et se rétrécissant au fur et à mesure pour donner une forme de montagne. My Son signifie « belle montagne » demeure des rois. Le mont représente l’esprit le plus haut de l’humain, toujours inaccessible.

L’esprit tend toujours vers le plus beau mais en réalité, il n’est pas aussi beau ! Taisen Deshimaru, maître zen japonais

Initialement, la ligne des sculptures, proche de la Chine des premiers siècles, est simple avec peu de décorations pour les habits ou personnages.

Danang-Museum-5th century.Guan Yin ou Akilokitesvara ou Quan Âm en vn, est sobrement représentée. Coiffure et chevelure chinoise. L’aura est formée de rayons lumineux caractérisant l’esprit d’éveil d’un Bouddha. Crédit photo ©Thierry-Ollivier-252×300, crédit photo.
Danang-Cham-museum-Xe-s. Divinité masculine richement ornée, morphologie Khmer-Cham, pas de chignon chinois mais une coiffe similaire à la tiare kirita-mukuta de type malais. ©Thierry-Ollivier-252×300, crédit photo.

Au fur et à mesure, les riches ornements et l’iconographie indienne apparut – essentiellement avec Shiva et Vishnu, style My Son et plus tardivement, avec Avalokitesvara, dans le style Dong Duong, 8è-9è siècle. Avec les nouveaux sculpteurs Cham, à partir du 7è siècle, un nouveau genre de création naîtra, mixant l’Inde shivaïste de la trimurti aux lignes tantriques venant d’Inde. Les statues, particulièrement expressives, véhiculent toujours le bonheur de Shiva, par un mouvement constant, elle rend particulièrement vivant danseurs Apsaras et musiciens Gandaras.

Art Cham. Danseur à l’écharpe. Trakieu, 10e-s. Photo EFEO, école française d’extrême-orient. Fouilles de l’équipe d’Henri Parmentier.
Danang Cham Museum. 10th century. Tra Kieu. Pedestal dancer and musian. Apsara et Gandara.

La classification Cham fut établie selon les lieux archéologiques et périodes : Danang:

  1. My-Son E1, art Shivaïste, 7è-8è siècle
  2. Dong-Duong, art bouddhique, 9è-10è siècle (Đông Dương signifie Mer de l’Ouest)
  3. My Son A1, 10è siècle
    1. Khuong My, 1ère moitié du 10è siècle (Khương Mỹ)
    2. Tra Kieu, 2ème moitié du 10è siècle (Trà Kiệu)
    3. Chanh Lo , fin du 10è vers le début du 11è siècle (Chánh Lồ)
  4. Thap Mam Binh Dinh , 12è-14è siècle (Tháp Mẫm Bình Định)
  5. Yang Mum, Po Romé, 14è – 15è siècle

UN ART BOUDDHIQUE DONG DUONG FUNAN SAHUYNH 

La présence du bouddhisme dans la région du centre du Vietnam est très ancienne, probablement pas plus tard que les années 400. Le grand voyageur Faxian, lors d’un récit de voyage d’Inde vers la Chine, l’avait consigné dans ses écrits.

Mais ce sera l’art bouddhique de Dong Duong, sous les traits du bouddhisme tantrique venant de l’Inde versus la Chine des Tang [618-907] et du zen qui prédominera désormais.

L’influence de Sa Huynh avec ses majestueuses statues millénaires en bois (ci-dessous) et ses objets de culte funéraire disparut peu à peu.

Le mudra de l'enseignement. Bouddha millénaire très rare du Vietnam.
History Museum Bảo Tàng Lịch Sử Hochiminh city. Wooden Buddha. Sa Huynh [-2500 av. J-C., 200] civilisation Funan Phù Nam.
Il nous reste à ajouter qu’en 879, Indravarman, fondateur de la dynastie Indrapura, dont la capitale était proche de Hoi-An, installa un « bouddhisme humain » de dévotion à Avalokitesvara (en ch. Guan Yin, en vn. Quan Am), ou Lokesvara, symbole de la non-peur et du pouvoir de réconfort. Il continuait également à vouer les cultes au panthéon hindouiste.

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Extrait Etudes Indochinoises, E.Heber, Bulletin de l’école française d’Extrême-Orient.

Ci-dessous une stèle Cham photographiée par les archéologues français des années 1900. Transcription et travaux d’épigraphie par l’EFEO.

Ci-dessous, le Bouddha Cham Dong Duong 7è siècle au musée d’histoire de Saigon.

Bouddha style Dong Duong? Art Champ. 7è siècle.
Bouddha style Dong Duong, Cham. 7è-8è siècle. National History Museum de Hochiminh city. @yen bach

 

 

 

 

Découvrir et connaître les sculptures Cham liées au dieu Shiva du museum de Danang.

 

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