Rites et Jarres

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Sa-Huynh, -2500 av. J-C, museum d'histoire Vietnam
Sa-Huynh, -2500 av. J-C, museum d’histoire Vietnam Crédit photo Wikipedia

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Bracelet en bronze de pllus de deux millénaires
Bracelet en bronze de pllus de deux millénaires

 

 

Dès la période de protohistoire [-3000 av. J-C.], il y eut des échanges commerciaux importants entre le royaume du Van Lang et le Japon. L’un des biens échangés fut la céramique, que les japonais nommèrent « Kotchi » (vn. Giao Chi, ch. Jiaozhi) et les malaisiens « Kutchi ». Pour la France, Kotchi est l’homonyme de « cochin« . En réalité, Giao Chỉ était le nom de l’une des 14 tribus du royaume de Van Lang.

Ce sera désormais la marque du céramique et du celadon des Chams de Sahuynh.

A en croire les notes de l’époque, outre les échanges commerciaux, qui étaient florissants avec le pays du soleil levant, les relations diplomatiques furent mises en place avec le royaume d’Okinawa dès le début du 16è siècle. 

Sur le site archéologique, la première fouille avait déjà révélé une grande richesse culturelle : l’emploi en abondance du fer, le travail de la terra cotta, l’art végétal, le travail du celadon et de la porcelaine … La réputation de cette dernière était due en partie pour sa technique tricolore : le vert, le rouge-brun et le blanc ivoire, qui sera perpétuée jusqu’au 19è siècle. On enduisait entièrement l’objet puis peignait ensuite les motifs en vert et en rouge brunâtre avant de les enfourner à haute température. Lors de la cuisson, les couleurs s’écoulent créant une multitude de panels. Les premiers décors unicolores étaient copiés sur le végétal et le tissage, d’où les motifs en treillis ou hachures verticales, de couleur vert et marron.

L’autre caractéristique de Sa Huỳnh est l’emploi de jarres funéraires dont la hauteur pouvait atteindre 1,2m. En général elles ont une hauteur de 40cm à 60cm pour une largeur de 40cm, et sont colorées de brun-rouge, à l’image de la terre battue. Les défunts sont alors assis dans une posture dite de délassement (sukkasana en sanskrit) ou repliée sur elle –même, rappelant la position du fœtus. Dans les mêmes jarres, on retrouva des encensoirs,  des parures et boucles d’oreille ainsi que des lances, couteaux, armes pointues en métal, matériau largement développé sous les Han, à partir du 1er siècle. Leur technique de fabrication était alors différente de la traditionnelle technique rotative.

Nombres de mystères entourent encore la civilisation de Sa-Huỳnh ou encore celle de leurs successeurs, les Chams. Notamment, on ne connaît rien de précis à propos de leurs techniques de construction navale ou encore à propos des biens échangés avec la Thaïlande ou la Birmanie.

On ne sait pas non plus exactement quels étaient les rites funéraires et les traditions d’enterrement d’objets brisés avec les défunts. Certains experts d’archéologie pensent que, selon les croyances locales, il faut « tuer » aussi les objets pour que les personnes de l’au-delà puissent s’en servir.

@yen bach, copyright, 2015.  Tous droits réservés

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